Présentation.

Présentation.
« Je ne savais d'où tu venais.
Je ne savais pas qui tu étais.
Je ne savais pas si je te plaisais,
et je ne savais pas non plus si un jour tu me plairais.
En fait, j'étais bien naïve. »

I C H B I N D A

Edit : NOUVEAU OS -ICI-

# Posté le dimanche 12 octobre 2008 15:39

Modifié le mardi 23 décembre 2008 17:39

Chapitre 1

Chapitre 1
Je voulais juste un café.

Je n'avais pas l'habitude de boire du café, seulement ce matin là, j'en avais plus que besoin. J'avais passé la nuit à compléter un travail de recherche que je devais remettre le jour même. Je me promenais donc en ville, jetant un coup d'½il à l'intérieur de tous les cafés que je croisais sur son chemin, la plupart étant bondés de gens semblant tous plus pressés les uns que les autres. Je me décidai finalement à pénétrer dans un Starbucks situé sur une petite rue étroite non loin d'où habitait ma s½ur. Une fois à l'intérieur, mon regard alla se poser les panneaux accrochés en haut des murs. Les noms des différents cafés m'étonnèrent. « Pourquoi est-ce si compliqué? Du café ce n'est que du café après tout! » Pensai-je.

Le garçon derrière la caisse observait avec amusement mon regard perplexe.

Ce garçon, c'était toi.


Je ne m'étais pas encore engagée dans la queue. Alors que je lisais les noms de diverses sortes de café, je laissais passer les gens avant moi, puisque je n'avais pas cours avant plus d'une heure. Puis, quand le flot de gens qui entraient continuellement dans le café commença à diminuer, je me décidai à faire la queue comme tout le monde, pour ne pas arriver en retard. Plongée dans mes plus profonds souvenirs, je ne remarquai pas que les gens avançaient devant moi.

Lorsque ce fût mon tour, tu me tiras de mes rêveries.
- Et pour toi ce sera ... ?
- Oh ! Euh ...eh bien je vais prendre euh... dis-je en tournant la tête une fois de plus vers le grand panneau noir orné de lettres blanches. Tu éclatas de rire.
-Quoi!?! Qu'est-ce qu'il y a ?!? Pourquoi tu ris?, Dis-je vexée, ce n'est pas tout le monde qui s'y connaît en matière café!
Tu te mis à rire de nouveau, et ton visage prit ensuite une expression plus sage.

-Non, ce n'est pas ça, c'est juste que ça fait un quart d'heure que tu es là, mais tu n'as toujours pas trouvé ce que t'allais prendre, tu m'as dit avec un sourire en coin.

Passant une main dans tes cheveux blonds, tu ajoutas : « Bon allé, tu en prends un café? Parce qu'il y a des gens qui attendent derrière toi! » .

Surprise, je fis volte-face. Il n'y avait plus un chat. Tu te mis à rire une fois de plus. Cette fois ci, j'avais souris aussi. « Eh bien je vais prendre ... un café à la vanille » dis-je peu sûre de moi. « OK! » avais-tu tout simplement répondu. Mais sitôt tu étais parti, tu pivotas de nouveau vers moi.
- Tu en es sûre ? Avais-tu dit en prenant bien soin d'insister sur le dernier mot, comme si ça pouvait bien influencer ma réponse.
En plus, ça fonctionnait.

- Euh ...
Tu avais semé le doute en moi. Un doute ridicule, installé chez moi seulement à propos d'une boisson chaude.
- Je rigolais!
Tu partis à l'arrière, te retenant de ne pas t'étouffer de rire, alors que j'allai m'asseoir à une table. Je dépliai le journal qui se trouvait devant moi, et débutai la lecture du premier article que je trouvai. Apparemment, Britney Spears et Paris Hilton étaient devenues de très grandes amies. « Qui se ressemble s'assemble » je marmonnai entre mes dents, découragée qu'on accorde de l'importance à des faits si insignifiants dans un périodique que tant de gens lisaient.

- Qu'est-ce t'as dit ? , me demandas-tu en m'apportant mon café.
- Rien, répondis-je. Tu déposas le gobelet sur la table. Puis, regardas ta montre.
-T'es pressé? Je demandai sans savoir pourquoi.

Pourquoi devais-je toujours avoir l'air intéressée par tous les garçons à qui j'adressais la parole ?


- Non, en fait je n'ai pas cours avant cet après-midi. C'est juste que c'est l'heure de ma pause!
Tu pris place en face de moi, et t'empara du journal que j'avais en main.
-Hé! Qu'est-ce que tu fais!?! M'indignai-je devant ton impolitesse.
-Eh bah, je lis le journal,tu répondis en souriant.
Je pris mon gobelet, et en approchai ma bouche pour en boire gorgée, mais tu saisis le café et me l'enlevas des mains.
-Ah non! Tu ne vas pas te mettre à boire mon café aussi! M'exclamai-je des plus sérieuses. Tu te mis à rire de nouveau.
-Non, c'est juste que ... c'est chaud, tu vas te brûler la langue si tu bois tout de suite, idiote!
Tu redéposas le café sur la table et poursuivis ta lecture.

-Comment tu t'appelles? Demandai-je.

Tu m'empêchais de lire? J'allais en faire de même.


-Gustav. Gustav Schäfer. Et toi?

# Posté le dimanche 12 octobre 2008 15:41

Modifié le dimanche 12 octobre 2008 16:20

Chapitre 2

Chapitre 2
Drôle de coïncidence.

Je faisais pianoter mes ongles sur le sucrier, et mon regard se baladait vers l'extérieur, détaillant chaque passant qui déambulait le long de la rue.

-Tu vas au lycée Hangton? Tu me demandas en levant les yeux de la page de journal que tu parcourais depuis maintenant cinq bonnes minutes.
-Ouais.
- Moi, je commence aujourd'hui! M'avouas-tu.
-Ah, t'es nouveau? Je demandai.

« Grosse conne, ça va de soi ! » pensai-je sitôt ma question fût posée.


-Effectivement, me donnas-tu pour toute réponse.
- Ça commence bien, j'y suis allé en avance ce matin, pour connaître mieux l'école, et j'ai appris que mon premier cours était annulé! Tu me racontas.
-Quel cours? Demandai-je ma curiosité piquée à vif.
-Littérature avec Monsieur Kranz, tu répondis en haussant les sourcils.
-Pas vrai!?! M'exclamai-je les yeux gros comme des balles de ping-pong.
-Si, si. Pourquoi? Me demandas-tu tout aussi curieux que je ne l'avais été.
-J'ai bossé toute la nuit sur mon projet pour rien! Dis-je en frappant mon front de la paume de ma main. Tu me donnas droit à un énième sourire.

-C'est pas drôle! Pourquoi tu souris comme ça ? Dis-je découragée.
-Ben il y aura quelqu'un pour me faire visiter la ville! Tu me répondis toujours souriant.
Tu me fixas un moment de tes yeux sombres, l'air sévère. Je m'attendais à un aveu quelconque, mes yeux t'incitant à parler.
« C'est bon, ... tu peux boire ton café maintenant » dis-tu avec un rire moqueur. « Rah! Il est énervant ce mec! » Pensai-je en m'emparant du gobelet posé sur la table. Je sirotais tranquillement le liquide chaud, en ne retenant bien de me pas grimacer. Malgré que le goût amer fût masqué par la vanille française, j'étais loin de trouver le breuvage succulent.

Tu me piégeais sans arrêt dans tes moqueries, et ça me frustrait profondément. C'était justement mon agacement qui te faisait tellement rire.


Tu poursuivais tranquillement ta lecture, survolant certaines pages plus rapidement que d'autres. Combien de temps allais-tu lire encore? Étais-je sensée attendre que tu aies fini?
Déboussolée, je sortis un roman de mon sac et me mis également à lire. Au bout de quelques minutes, tu levas les yeux de ton journal. Trop concentrée, je n'avais pas remarqué que tu m'observais minutieusement.
« L'âme volée » tu lis à haute voix.
Je levai la tête.
-Très bon choix, tu poursuivis.
-Oui? fis-je étonnée.
- Je l'ai lu l'an dernier, tu me répondis d'un ton sincère.
-Hahaha, assez surprenant venant de toi! Laissai-je échapper.

Mon tour de rire.


-Pourquoi dis-tu ça? Tu ne me connais pas!

Eh bam' , dans la gueule!


-... oui mais je veux dire ... je ... tu ... n'avais pas l'air ... euh ... laisse tomber, je dis finalement.

Ce fût toi qui rigolas à nouveau.

-Bon tu viens? Me demandas-tu.
-Où ça? Te questionnai-je perplexe.
-Bah me faire visiter le coin! Me répondis-tu en fronçant les sourcils.
J'agrippai mon long manteau noir et t'emboîtai le pas.

« Pourquoi il n'arrête pas de sourire ce gars!?! » me dis-je intérieurement.


Je tenais toujours mon café à la main lorsque l'on sortit tous les deux du Starbucks.
-Alors ..., débutai-je en rompant ainsi le silence.
-... Alors, tu répétas.

Ton sourire commençait à me taper sérieusement sur le système.


- Tu habites où? Je demandai, incapable de supporter plus longtemps que tu t'amuses devant ma gêne.
- 12e avenue, Le petit immeuble en face de la boulangerie! Tu sais où c'est?
- ... ouais, je répondis en songeant que les appartements de cet immeuble étaient beaucoup trop petits pour contenir une famille entière.
Peut-être habitais-tu seul?
Ou peut-être habitais-tu ... avec ... ta petite amie?

Je n'osai pas te poser la question, et cette fois, m'efforçai de ne rien laisser transparaître à propos du doute que tu avais semé en mon esprit.

# Posté le dimanche 12 octobre 2008 22:37

Modifié le lundi 20 octobre 2008 17:53

Chapitre 3

Chapitre 3

Ce matin où je venais de te rencontrer, on a déambulé dans le long des rues durant au moins une heure.

Tu posais des questions, je répondais.
On marchait, tu rigolais.
Je parlais, on marchait.
Je me détendais peu à peu.

Il m'arrivait souvent de me balader dans le quartier, parfois en prenant le temps de m'arrêter dans le parc où je prenais place sur un banc pour lire un roman. J'affectionnais tout particulièrement ce rituel, mais en hiver, un peu moins. J'étais frileuse. D'ailleurs, je le suis toujours.

Ce jour là, par contre, je m'étais retrouvée dehors à cause de toi.


Le goût du café m'était resté au fond de la gorge et mes poings enfoncés au creux de mes poches étaient congelés.

« Je crois qu'il est temps d'y aller » me dis-tu.

Je sortis ma main gauche frigorifiée de mon manteau et tirai la manche d'un coup sec pour jeter un coup d'½il à ma montre. Effectivement, il se faisant temps.

Quelques minutes plus tard, nous nous retrouvâmes entre les murs du Lycée, et, dans un élan de spontanéité - quoi qu'aujourd'hui j'échangerais plutôt le terme pour « stupidité » - je te demandai si tu voulais bien me rejoindre à la fin des cours. Tu acceptas, d'un hochement de tête, et me laissa au milieu du couloir avec pour dernière image de toi ce sourire narquois qui s'était affiché sur tes lèvres juste avant que tu ne me tournes le dos pour te rendre à ton cours d'Anglais.

Tu étais un vrai roi.
Un maître.
Celui qui maîtrisait mon malaise et faisait naître la rougeur sur mes joues.
Le créateur de l'incompréhension qui s'était emparée de moi lorsque tu m'adressas la parole la première fois, et qui ne me quittait plus depuis.


-Mademoiselle? ... mademoiselle!?! ... HÉ-HO !?!

Je te donnais aussi les mérites de mon manque de concentration.


-Connaissez-vous toutes ces règles de grammaire par c½ur ? me demanda le professeur par dessus ses épaisses lunettes.
- Non, monsieur.
- Alors, êtes-vous en mesure de m'expliquer pourquoi vous ne prenez aucunes notes depuis le début de ce cours?
-... Non, monsieur ...
- Eh bien dans ce cas, arrêter d'admirer la vue par la fenêtre, et contentez vous de recopier ce qui se trouve au tableau! fit-il en rajustant ses lunettes en reprenant un bout de craie pour continuer d'écrire ses stupides règles.

Je me mordis la lèvre inférieure et m'empressai d'écrire tout ce que j'avais loupé. Sitôt j'eus terminé de recopier les notes de cours, mon regard se reporta vers la fenêtre, et mes pensées vers toi. Quelques minutes plus tard, je fus tirée de mes rêveries par le son de la cloche qui annonçait la fin des cours. Je me dépêchai de ramasser mes affaires et je traversai la distance me séparant de la sortie de l'école d'un pas rapide. Tu m'attendais, les mains dans les poches.

Ton regard intimidant me fit baisser la tête une fois de plus.
Je n'eus aucun besoin de te regarder pour savoir que ton fichu sourire était encore accroché à ton visage.


-Bonjour, tu dis simplement en commençant à marcher.
Mes lèvres formèrent ce qui se devait d'être un sourire en guise de réponse et je t'emboîtai le pas.
Pour ne pas te laisser d'occasion de te moquer de moi, j'aurais bien voulu me taire. Toutefois, une question assez pertinente me brûlait le bord des lèvres.

- ... Où allons-nous...?

# Posté le samedi 18 octobre 2008 10:58

Modifié le dimanche 26 octobre 2008 22:06

Chapitre 4

Chapitre 4
Une semaine.
Une semaine qui m'avait parue aussi longue qu'un mois entier tellement elle eut été chargée en émotions.
S'attendre à la fin des cours était devenu une habitude. En fait, je dis « s'attendre », mais c'était toujours toi qui m'attendais. J'avais beau me dépêcher et bousculer les gens dans les couloirs, tu étais toujours dehors avant moi. Tu m'attendais debout, faisant dos à un arbre qui était encore assez petit. J'allais toujours te rejoindre accompagnée de ma nervosité, et ce qui me gênait le plus, c'était que tu t'en rendais compte.

C'était un vendredi.
Il était 17h passées et tu m'avais proposé de me raccompagner.
En route vers chez moi, on passa devant le cinéma, et soudain, ton visage s'illuma comme celui d'un enfant. Tes yeux brillaient d'une telle innocence que sur le moment j'eus l'impression de ne pas te connaître.

En fait, mon intuition avait bel et bien raison, je ne te connaissais pas du tout.


-Hey! Ça te dirait d'aller voir un film?

J'acquiesçai, prise au dépourvue.

On fit la queue durant un gros maximum de 5 minutes. Et c'est là que t'es parti en coup de vent.
Tu sortis ton portable de ta poche, et avant que je n'aie eu le temps de comprendre quoi que ce soit, tu t'excusais de devoir partir. Tu fis trois pas et fis volte-face.
-Et si on remettait ça demain soir? me demandas-tu.
-Euh, oui, pourquoi pas! Je répondis.
-On se rejoint ici à 20 heures !?!
-D'accord!

J'avais à peine eu le temps de répondre que tu traversais déjà la rue.
Tu m'avais planté là au beau milieu de cette file d'attente, et je me trouvais plus que stupide.

-Mademoiselle? ... Mademoiselle! ... Alors, vous les achetez vos tickets ?!?

Je passai la journée du lendemain plongée dans une langueur des plus désagréables. Je ne savais que faire de moi-même en attendant de me rendre à notre rendez-vous.

Un rendez-vous, oui.
C'était comme ça que je percevais les choses.


J'occupai donc ma journée devant la télévision à mâchouiller des bonbons et à jeter des coups d'½il furtifs en direction de la pendule accrochée au dessus du foyer. Lorsque cette effrontée d'horloge afficha enfin 19h45, j'étais déjà en route. Après avoir soigneusement lissé mes cheveux, j'avais tranquillement tracé une ligne d'eyeliner sur chacun de mes yeux. Malgré le fait que je n'utilisais pratiquement jamais ce petit pinceau, le résultat était plutôt satisfaisant.
J'aurais du me douter que le pire restait à venir.
En appliquant une mince couche de mascara sur mes cils, je réussis à me fourrer la brosse dans l'½il. J'essayais d'essuyer les dégâts sans gâcher le reste du maquillage, mais je ne réussissais qu'à me l'étaler autour des yeux. C'était digne d'un raton laveur. Découragée, je décidai de tout recommencer. Je me brossai les dents et jetai un regard à ma montre.
19h44.

Eh oui, j'avais passé la journée à ne rien faire, et je me retrouvais tout de même à la bourre.

En enfilant mon manteau, mes cheveux se retrouvèrent dressés sur ma tête grâce à l'électricité statique. Je poussai un grognement d'impatience et remis mes cheveux en place le mieux possible.
« J'vais être en retard! Il manquait plus que ça. » Pensai-je frustrée.

Tout en marchant vers le cinéma, je me calmai en me disant que de toute façon, tu avais pris l'habitude de m'attendre.

J'arrivai avec à peine une minute de retard. Le bout du nez et les doigts gelés, je constatai avec étonnement que tu n'étais pas là. Je te cherchai du regard et marchai de long en large devant la bâtisse, mais tu n'étais pas là. J'attendis.

Cinq minutes ... dix ... quinze...


Je m'adossai contre l'affiche de James Bond, essayant de me convaincre que tu avais une bonne excuse d'être en retard.

Bonne excuse ou pas, tu n'avais pas que du retard.


J'attendis jusqu'à avoir les orteils paralysés par le froid mordant du mois de mars ; c'est-à-dire, exactement une heure et trente-deux minutes.

Tu m'avais posé un lapin.


Humiliée, je rentrai chez moi le moral au plus bas. En fait, je n'étais pas triste. J'étais en colère. Même, très en colère. Tu me prenais pour une idiote, et te foutais complètement de ma gueule.

En réalité, même si ça n'expliquait pas ton geste, tu avais raison de croire que j'étais naïve.


# Posté le lundi 03 novembre 2008 21:44

Modifié le vendredi 07 novembre 2008 16:50